Microsoft et Quanta propulsent le Nasdaq, mais la Fed maintient la pression

Microsoft et Quanta Services portent le rebond technologique grâce à une croissance concrète liée à l’intelligence artificielle, tandis que la Fed et les réactions contrastées à Meta, Arm et Modine maintiennent un risque élevé.
Wall Street rebondit fortement ce jeudi, portée par les résultats de Microsoft et de Quanta Services. En cours de séance, le Nasdaq gagnait plus de 2 %, le S&P 500 environ 1 % et le Dow Jones près de 0,5 %. Microsoft progressait de plus de 15 %, entraînant avec elle une grande partie du secteur technologique et des semi-conducteurs.
En Europe, les principaux indices ont également terminé dans le vert. Le CAC 40 a progressé de 0,92 %, l’Euro Stoxx 50 de 1,48 % et l’IBEX 35 de 1,78 %. Le Brent reculait parallèlement vers 87 dollars.
Les données de marché citées dans cet article ont été relevées à 18 h 26, heure de Paris, alors que Wall Street était encore ouverte.
Une Fed immobile, mais plus offensive
La Réserve fédérale a maintenu ses taux directeurs dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %. La décision a toutefois été adoptée par neuf voix contre trois, les trois dissidents réclamant une hausse de 25 points de base.
La Fed estime que l’économie américaine continue de progresser à un rythme solide, mais souligne que l’inflation reste supérieure à son objectif de 2 %, notamment sous l’effet des tensions sur les prix de l’énergie. Le statu quo ne constitue donc pas un véritable assouplissement : le vote montre au contraire qu’une partie du comité souhaite déjà reprendre les hausses de taux.
Cette division maintient une pression sur les marchés obligataires. Même si les actions technologiques rebondissent, une nouvelle remontée des rendements pourrait rapidement peser sur les entreprises dont la valorisation dépend fortement de bénéfices futurs.
Microsoft transforme ses investissements dans l’IA en croissance
Microsoft a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 90 milliards de dollars, en progression de 18 % sur un an. Le bénéfice dilué a atteint 4,81 dollars par action, tandis que Microsoft Cloud a généré 59,3 milliards de dollars de revenus, soit une hausse de 27 %.
Azure et les autres services cloud ont progressé de 43 %. Sur l’ensemble de l’exercice, Azure a dépassé pour la première fois les 100 milliards de dollars de chiffre d’affaires, tandis que Microsoft 365 Copilot compte désormais plus de 30 millions d’utilisateurs payants.
Le marché récompense surtout la capacité de Microsoft à relier ses dépenses d’infrastructure à une croissance déjà visible. Les investissements dans les centres de données, les processeurs et les logiciels d’intelligence artificielle restent considérables, mais ils soutiennent directement l’expansion d’Azure et de Copilot.
Cette publication contraste avec les inquiétudes apparues récemment autour de Tesla, Google et Meta. Wall Street ne rejette pas les dépenses consacrées à l’IA : elle exige désormais que celles-ci s’accompagnent rapidement d’une progression des revenus, des marges ou de la trésorerie.
Le mouvement de Microsoft a bénéficié à l’ensemble du secteur. Plusieurs fabricants de semi-conducteurs et entreprises liées aux infrastructures d’intelligence artificielle ont fortement rebondi après plusieurs séances difficiles.
Quanta Services confirme l’explosion des besoins électriques
Quanta Services progressait de plus de 14 % en cours de séance après avoir publié des résultats records.
Le spécialiste des infrastructures électriques a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel de 9,56 milliards de dollars, contre 6,77 milliards un an auparavant, soit une progression d’environ 41 %. Son bénéfice ajusté a atteint 4,24 dollars par action et son carnet de commandes s’est établi à un niveau record de 53,4 milliards de dollars. Le groupe a également relevé l’ensemble de ses objectifs financiers pour 2026.
Ces résultats montrent que le développement de l’intelligence artificielle ne profite pas uniquement aux fabricants de puces et aux fournisseurs de cloud. Les centres de données nécessitent de nouvelles capacités de production électrique, des lignes de transmission, des sous-stations et une modernisation importante des réseaux.
Quanta bénéficie donc d’une croissance plus indirecte, mais particulièrement concrète, liée à l’IA. Son carnet de commandes offre également une visibilité que de nombreuses entreprises technologiques ne possèdent pas encore.
Meta montre les limites des dépenses massives
La réaction positive à Microsoft contraste fortement avec celle réservée à Meta. La maison mère de Facebook et Instagram a pourtant publié un chiffre d’affaires de 60,8 milliards de dollars, en hausse de 28 % sur un an.
Les investisseurs se sont principalement concentrés sur l’envolée des coûts. Meta a engagé plus de 31 milliards de dollars de dépenses d’investissement pendant le trimestre et n’a généré que 784 millions de dollars de flux de trésorerie disponible, contre 8,5 milliards un an auparavant. Le groupe prévoit désormais entre 130 et 145 milliards de dollars d’investissements en 2026.
L’action reculait d’environ 9 %. Cette sanction montre que la croissance du chiffre d’affaires ne suffit plus lorsque l’augmentation des dépenses absorbe presque entièrement la trésorerie générée par l’activité.
Arm dépasse les attentes, mais le marché reste prudent
Arm a publié un chiffre d’affaires de 1,29 milliard de dollars et un bénéfice ajusté de 0,45 dollar par action, supérieurs aux prévisions. Les revenus issus des licences et des redevances ont continué de progresser grâce à la demande pour les centres de données et les infrastructures d’intelligence artificielle.
Le titre a néanmoins reculé après la publication. Les investisseurs ont surtout retenu le risque d’un ralentissement des redevances provenant des smartphones au cours du prochain trimestre. Cette réaction confirme que le marché analyse désormais chaque faiblesse potentielle, même lorsque les résultats globaux restent solides.
Modine progresse, mais ses marges restent sous surveillance
Modine a enregistré un chiffre d’affaires trimestriel de 874,1 millions de dollars, en hausse de 28 %, ainsi qu’un bénéfice ajusté de 1,53 dollar par action.
Les ventes de la division consacrée aux centres de données ont progressé de 90 %, confirmant la forte demande pour les systèmes de refroidissement nécessaires aux nouvelles infrastructures informatiques.
La marge brute a cependant reculé de 340 points de base. Le groupe explique cette baisse par les contraintes d’approvisionnement, la hausse des coûts des matériaux et les dépenses temporaires liées à l’augmentation de ses capacités de production. Modine a néanmoins maintenu ses prévisions annuelles.
La publication reste donc encourageante sur la demande, mais montre que la croissance rapide des centres de données peut également provoquer des tensions industrielles et réduire temporairement la rentabilité.
La rencontre Trump-Zelensky reste en toile de fond
Donald Trump et Volodymyr Zelensky se sont rencontrés le 28 juillet à Washington. Les discussions ont notamment porté sur la possibilité pour l’Ukraine de produire des intercepteurs destinés aux systèmes Patriot et sur une relance des négociations avec la Russie.
Ces échanges pourraient avoir des conséquences à plus long terme sur les entreprises de défense, les sanctions visant la Russie et les marchés de l’énergie. Pour le moment, le recul du Brent montre toutefois que les investisseurs n’anticipent pas une aggravation immédiate du risque géopolitique.
Un marché qui distingue désormais les promesses des résultats
La forte hausse du Nasdaq masque une sélection toujours plus sévère entre les entreprises.
Microsoft démontre que des dépenses massives dans l’intelligence artificielle peuvent être bien accueillies lorsqu’elles produisent déjà une accélération visible du cloud et des logiciels. Quanta montre que l’essor des centres de données se transmet également aux réseaux électriques et aux infrastructures physiques.
À l’inverse, Meta, Arm et Modine rappellent que de bons chiffres ne suffisent plus lorsque la trésorerie, les marges ou certaines prévisions suscitent des interrogations.
La Fed reste parallèlement un facteur de risque important. Le maintien des taux était attendu, mais la présence de trois dissidents favorables à une hausse montre que la lutte contre l’inflation demeure prioritaire.
Le rebond technologique est donc puissant, mais il ne constitue pas encore un signal entièrement rassurant pour l’ensemble du marché. Les investisseurs récompensent désormais les entreprises capables de transformer rapidement leurs investissements en revenus et en bénéfices mesurables.
Les résultats d’Apple et d’Amazon, attendus après la clôture, ne sont pas intégrés à cette analyse et pourront influencer la prochaine séance.
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