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Oracle rassure sur l’IA, mais pétrole et taux durcissent le marché

Illustration de centres de données et d’infrastructures électriques

Oracle confirme l’accélération de l’IA et du cloud, mais le pétrole au-dessus de 100 dollars, l’inflation et la remontée des taux maintiennent une forte pression sur les marchés.

Résumé express

Article du 11 septembre 2026
Brent
107,63 $

le pétrole a terminé nettement au-dessus des 100 dollars le baril

S&P 500
-0,58 %

quatrième séance de baisse consécutive pour l’indice américain

Oracle OCI
+121 %

forte accélération trimestrielle des revenus d’infrastructure cloud

BCE
2,50 %

nouveau niveau du principal taux directeur après une hausse de 25 points de base

Les marchés sont pris entre deux forces opposées : une dynamique toujours spectaculaire autour de l’intelligence artificielle et un choc énergétique qui ravive l’inflation et pousse les rendements obligataires à la hausse.

En Europe comme aux États-Unis, les taux redeviennent un facteur central pour les actions, tandis qu’Oracle a surpris positivement après la clôture de Wall Street.

L’Europe rattrapée par l’énergie et les taux

La Banque centrale européenne a relevé ses taux de 25 points de base, portant son principal taux directeur à 2,50 %. Elle prévoit désormais une inflation moyenne de 3 % en 2026 et de 2,5 % en 2027, tandis que les marchés anticipent environ 85 points de base de resserrement supplémentaire d’ici fin 2027.

Cette nouvelle phase de durcissement a poussé les rendements obligataires européens à de nouveaux sommets. Le taux allemand à 10 ans a atteint son plus haut niveau depuis 2011, tandis que le 30 ans français est revenu sur des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis 2003.

Le STOXX 600 a terminé en baisse de 0,7 %, à son plus bas niveau depuis deux mois.

Le choc ne vient plus seulement du pétrole

L’Europe doit désormais gérer simultanément la hausse du pétrole, du gaz et des taux d’intérêt.

Le gaz naturel européen TTF a évolué autour de 83 euros par mégawattheure, contre environ 44 euros fin juin, retrouvant ses niveaux les plus élevés depuis 2022.

Cette envolée renforce le risque d’une inflation plus persistante et complique la tâche de la BCE, particulièrement dans une zone euro très dépendante des importations énergétiques.

Wall Street recule, l’inflation inquiète à nouveau

Aux États-Unis, le S&P 500 a perdu 0,58 %, le Nasdaq 0,65 % et le Dow Jones 0,60 %.

Le S&P 500 vient ainsi d’enchaîner quatre séances de baisse et abandonne environ 2 % sur cette période. Nvidia a reculé de 2,3 % et Micron de 4,7 %, tandis qu’Apple a progressé de 3,6 %.

La pression vient notamment de l’inflation à la production. Le PPI américain a progressé de 0,4 % en août et de 5,4 % sur un an, après 4,8 % en juillet.

L’énergie a bondi de 4,2 % sur le mois. Les marchés évaluent désormais autour de 70 % la probabilité d’une hausse des taux de la Fed lors de sa prochaine réunion.

Le CPI américain publié vendredi devient donc l’un des principaux rendez-vous de la semaine.

Le pétrole dépasse franchement les 100 dollars

Le pétrole reste actuellement le principal risque macroéconomique.

Le Brent a terminé en hausse de 6,34 % à 107,63 dollars le baril. Le WTI a gagné 6,69 % à 102,48 dollars.

Les deux références dépassent désormais les 100 dollars, sur fond de nouvelles attaques contre le transport maritime et de perturbations persistantes autour du détroit d’Ormuz.

La situation géopolitique s’est encore aggravée. L’Iran affirme avoir attaqué dix navires près du détroit d’Ormuz après la destruction de cinq pétroliers iraniens par les forces américaines. Le trafic maritime dans la zone reste très inférieur à ses niveaux habituels.

Un deuxième foyer de tension se développe parallèlement en mer Rouge. Les Houthis soutenus par l’Iran ont pris le contrôle du port stratégique de Mocha au Yémen.

Pour les marchés, le risque énergétique ne se concentre donc plus uniquement autour d’Ormuz. Les routes de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb redeviennent elles aussi un point de vigilance majeur.

L’OPEP apporte malgré tout un élément plus modéré. L’organisation a abaissé pour la cinquième fois consécutive sa prévision de croissance de la demande mondiale de pétrole en 2026, à 380 000 barils par jour.

Mais à court terme, les tensions sur l’offre dominent : la production de l’OPEP a diminué d’environ 640 000 barils par jour en août.

Oracle rappelle que la dynamique de l’IA reste intacte

Après la clôture de Wall Street, Oracle a apporté une note beaucoup plus positive au secteur technologique.

Le groupe a publié un chiffre d’affaires trimestriel record de 19,3 milliards de dollars, en hausse de 30 %, ainsi qu’un bénéfice ajusté de 1,92 dollar par action.

Les revenus cloud ont progressé de 62 % à 11,6 milliards de dollars. Surtout, Oracle Cloud Infrastructure a bondi de 121 % à 7,4 milliards de dollars.

Le carnet de commandes reste spectaculaire. Les Remaining Performance Obligations atteignent désormais 664 milliards de dollars, au-dessus des attentes du marché.

Oracle continue également d’augmenter fortement ses capacités, avec 850 MW supplémentaires de datacenters livrés au cours du trimestre.

Le revers reste le niveau colossal des investissements. Les dépenses d’investissement ont atteint environ 28,5 milliards de dollars sur le trimestre, preuve du coût nécessaire pour suivre la demande en infrastructures d’intelligence artificielle.

Mais les investisseurs ont surtout retenu l’accélération du cloud et la visibilité apportée par le carnet de commandes. Après avoir chuté pendant la séance régulière, l’action Oracle a bondi d’environ 7 % après la publication.

Oracle prévoit désormais au moins 90 milliards de dollars de chiffre d’affaires pour l’exercice 2027 et relève son objectif de bénéfice ajusté à 8,10 dollars par action.

La situation des marchés devient ainsi particulièrement contrastée. Oracle confirme que la demande liée à l’intelligence artificielle reste extrêmement forte, mais l’environnement macroéconomique se durcit rapidement.

Avec un pétrole au-dessus de 100 dollars, un gaz européen très élevé, une inflation qui résiste et des rendements obligataires en hausse, les valorisations des actions restent sous pression.

Le CPI américain de vendredi dira désormais si cette remontée de l’inflation est suffisamment forte pour renforcer encore les anticipations de hausse des taux de la Fed. Un chiffre élevé accentuerait la confrontation entre deux forces qui dominent actuellement les marchés : une croissance de l’IA toujours spectaculaire et un choc énergétique susceptible de maintenir les taux durablement élevés.

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