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Switch prépare son retour en Bourse : ce que son IPO dit vraiment du boom des data centers IA

Illustration de centres de données et d’infrastructures électriques

Selon Bloomberg, relayé par Reuters, Switch a déposé confidentiellement un dossier d’introduction en Bourse aux États-Unis. Une opération pouvant lever jusqu’à 10 milliards de dollars et valoriser l’entreprise près de 80 milliards, dette comprise, ferait de ce retour un test majeur pour le cycle des data centers liés à l’IA.

Résumé express

Article du 10 août 2026
IPO potentielle
10 Md$

montant maximal évoqué pour la levée

Valorisation
80 Md$

dette comprise selon les sources Reuters

Retrait de cote 2022
11 Md$

transaction DigitalBridge et IFM

Première IPO
+22 %

environ lors de la séance du 6 octobre 2017

Switch pourrait effectuer l’un des retours en Bourse les plus spectaculaires de ces dernières années.

Selon Bloomberg, relayé par Reuters, l’opérateur américain de data centers a déposé confidentiellement un dossier en vue d’une introduction en Bourse aux États-Unis. Reuters avait précédemment indiqué que l’opération pourrait intervenir dès le quatrième trimestre 2026, lever jusqu’à 10 milliards de dollars et valoriser Switch autour de 80 milliards de dollars, dette comprise. Les modalités restent toutefois susceptibles de changer.

Le dossier est d’autant plus intéressant que Switch était déjà coté à Wall Street avant d’être racheté en 2022.

Son retour permet donc de mesurer à quel point l’explosion des investissements dans l’intelligence artificielle a changé la perception des infrastructures physiques nécessaires au calcul.

Mais une grosse IPO ne signifie pas automatiquement que le secteur est au début d’un nouveau cycle haussier.

Elle montre surtout que la fenêtre de liquidité est actuellement ouverte et que les propriétaires privés pensent pouvoir trouver une forte demande auprès des investisseurs.

Switch, un ancien de Wall Street

Switch a été fondé en 2000 à Las Vegas par Rob Roy, toujours PDG de l’entreprise.

Son activité consiste à concevoir et exploiter de grands campus de data centers fournissant alimentation électrique, refroidissement et connectivité aux entreprises qui y installent leurs infrastructures informatiques.

Le groupe exploite notamment de grands campus au Nevada, au Michigan, en Géorgie et au Texas.

Switch s’est historiquement distingué par ses fortes densités électriques, ses technologies de refroidissement et ses grands campus. L’entreprise positionne désormais directement une partie de son offre sur les charges de calcul liées à l’intelligence artificielle.

Une première IPO réussie en 2017

Switch est entré pour la première fois au New York Stock Exchange le 6 octobre 2017 sous le ticker SWCH.

L’action avait été introduite à 17 dollars avant de terminer sa première séance à 20,73 dollars, soit près de 22 % de hausse.

L’opération avait permis à l’entreprise de lever environ 531 millions de dollars.

Switch comptait alors plus de 800 clients et avait généré environ 318 millions de dollars de chiffre d’affaires en 2016.

Cette première vie boursière s’est terminée cinq ans plus tard.

Pourquoi Switch a quitté la Bourse

En 2022, DigitalBridge et IFM Investors ont racheté Switch pour 34,25 dollars par action, soit environ 11 milliards de dollars dette comprise.

L’entreprise a alors été retirée de la cote.

Ce choix était cohérent avec la nature du métier. Construire de grands campus de data centers nécessite des milliards de dollars d’investissements avant que les revenus futurs soient pleinement encaissés.

Les grands investisseurs d’infrastructure peuvent parfois financer ce type de développement plus facilement que les marchés publics, notamment lorsque les projets demandent plusieurs années et beaucoup de dette.

Depuis 2022, cette logique s’est encore renforcée avec l’IA. Les clusters de GPU exigent toujours davantage de puissance électrique, de refroidissement et de capacité physique.

De 11 à potentiellement 80 milliards de dollars

Switch avait été retiré de la Bourse en 2022 lors d’une opération valorisant l’entreprise autour de 11 milliards de dollars, dette comprise.

Quatre ans plus tard, Reuters évoque une possible valorisation proche de 80 milliards de dollars pour son retour sur les marchés.

Reuters indiquait en juillet que Switch avait également discuté avec des investisseurs privés d’une levée de capitaux à une valorisation d’au moins 40 milliards de dollars avant l’IPO.

Ces différents chiffres ne sont pas directement comparables : certains concernent la valeur d’entreprise, d’autres les fonds propres ou de nouvelles levées de capitaux.

L’essentiel est ailleurs. Le marché attribue aujourd’hui à Switch une valeur potentiellement plusieurs fois supérieure à celle de 2022, ce qui illustre la revalorisation spectaculaire des infrastructures liées à l’intelligence artificielle.

L’ombre de SoftBank

DigitalBridge, actionnaire majoritaire de Switch, doit être racheté par SoftBank dans une opération annoncée fin 2025 et encore soumise à sa finalisation.

SoftBank présente cette acquisition comme un moyen de renforcer sa capacité à financer, construire et déployer des infrastructures nécessaires aux services d’intelligence artificielle de nouvelle génération.

Si l’acquisition de DigitalBridge est finalisée, Switch entrera donc indirectement dans un écosystème devenu central dans la stratégie d’infrastructure IA du groupe japonais.

Il serait excessif d’affirmer que SoftBank est à l’origine du retour en Bourse de Switch. Mais le calendrier renforce clairement l’intérêt stratégique du dossier.

Une IPO n’est pas forcément un signal haussier

Le retour de Switch confirme une chose : les investisseurs sont actuellement prêts à financer massivement les infrastructures liées à l’IA.

Cela ne signifie pas pour autant que les data centers constituent automatiquement un bon investissement aux valorisations actuelles.

Une introduction en Bourse est aussi une opération de liquidité. Les actionnaires privés choisissent généralement de vendre ou de remettre une partie de leurs actifs sur le marché lorsque la demande est forte et les conditions favorables.

Une vague d’IPO peut donc signaler à la fois la vigueur d’un secteur et une période particulièrement intéressante pour les investisseurs historiques souhaitant monétiser leurs participations.

La vraie question n’est pas seulement de savoir si les besoins de calcul liés à l’IA vont continuer à augmenter. Ils peuvent continuer à progresser fortement. La question est plutôt de savoir si les revenus futurs justifieront les valorisations et les milliards nécessaires pour construire ces infrastructures.

Le vrai risque : dette et électricité

Pour Switch et les autres grands opérateurs de data centers, le principal risque n’est probablement pas de manquer de demande de calcul.

Le défi est de construire assez vite les infrastructures nécessaires sans détériorer leur rentabilité.

Les data centers modernes demandent d’énormes quantités d’électricité, mais également des raccordements au réseau, des transformateurs, du refroidissement et parfois plusieurs années de développement.

Plus les projets grossissent, plus les besoins de financement augmentent.

Lorsque les documents financiers publics de l’IPO seront disponibles, plusieurs éléments devront donc être surveillés : dette nette, coût du financement, dépenses d’investissement, contrats clients, durée de ces contrats et quantité de capacité électrique réellement sécurisée.

Une croissance spectaculaire de la demande ne suffit pas si chaque nouveau gigawatt nécessite trop de capital ou devient trop coûteux à financer.

Toute une chaîne industrielle profite du boom

La croissance des data centers bénéficie également à tout un écosystème de fournisseurs spécialisés.

Dans la chaîne d’investissement des data centers, des groupes comme Vertiv, Modine, Powell Industries ou Quanta Services sont exposés à des besoins en refroidissement, distribution électrique, raccordement au réseau ou construction d’infrastructures.

Leur modèle économique est différent de celui de Switch, mais ils bénéficient de la même dynamique générale d’investissement dans les infrastructures numériques.

Pour l’investisseur, le boom des data centers ne se limite donc pas aux propriétaires des infrastructures : il irrigue toute une chaîne de fournisseurs spécialisés.

Ce que l’IPO de Switch dira vraiment du cycle IA

L’IPO de Switch ne prouvera pas que le boom des data centers peut continuer indéfiniment.

Elle constituera en revanche un test particulièrement intéressant.

Le marché devra déterminer combien il est prêt à payer pour un opérateur d’infrastructure très capitalistique alors que les besoins de calcul explosent, mais que les investissements nécessaires deviennent eux aussi gigantesques.

Une valorisation élevée confirmerait que l’appétit pour les infrastructures IA reste très important.

Mais le véritable test arrivera avec les comptes de Switch : croissance, rentabilité, endettement, engagements des clients, dépenses d’investissement et besoins futurs en capital.

C’est à ce moment-là que l’on pourra réellement comparer le récit de l’IA avec l’économie du modèle.

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